Nutrition, régime alimentaire et prévention des maladies chroniques

Fruits l&gumesVoici une communication du docteur J.P. DALES, membre de l’AMAP de Venelles, sur le mode d’alimentation et la prévention des maladies chroniques.
On assiste aujourd’hui à une menace d’épidémie mondiale des maladies chroniques que sont l’obésité, le diabète sucré, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux et certains types de cancers. Ces maladies sont liées à une évolution du mode de vie que connaissent la plupart des pays.
Les personnes touchées sont les plus défavorisées dans les pays riches et les populations des pays en développement et en transition. Cette évolution correspond à un changement des habitudes alimentaires (occidentalisation du régime alimentaire), une baisse des dépenses énergétiques et une plus grande sédentarité. A cette évolution s’ajoutent le vieillissement des populations ainsi que la consommation d’alcool et de tabac. L’évolution des habitudes alimentaires est aussi bien quantitative que qualitative. On observe en effet un  passage à une alimentation plus énergétique dans laquelle les sucres ajoutés jouent un plus grand rôle, l’apport en graisses saturées est plus important et l’apport en glucides complexes, en fibres alimentaires, légumes et fruits est réduit.

Quelles sont les bonnes dispositions pour prévenir l’obésité ?
Il faut promouvoir l’allaitement maternel exclusif, éviter les sucres et amidons ajoutés dans le biberon, promouvoir un mode de vie actif, promouvoir la consommation de fruits et légumes, limiter la consommation d’aliments à forte densité énergétique et à faible teneur en micronutriments (produits alimentaires transformés), limiter la consommation de boissons gazeuses édulcorées au sucre

Quelles sont les bonnes dispositions pour prévenir le diabète ?
Il faut prévenir et traiter le surpoids et l’obésité, pratiquer une activité physique régulière, veiller à ce que l’apport en graisses saturées (pour la plupart de source animale) ne dépasse pas 10% de l’apport énergétique total, consommer une quantité suffisante de polysaccharides non amylacés (= fibres alimentaires, apports recommandés = 35g/jour) en mangeant régulièrement des céréales complètes peu transformées, des légumineuses, des fruits et légumes

Quelles sont les bonnes dispositions pour prévenir les maladies cardiovasculaires ?
Il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière, consommer acide linoléique, poisson, légumes et fruits, potassium (présent dans les légumes et fruits) et probablement acide alpha-linolénique, acide oléique, polysaccharides non amylacés, céréales complètes, noix. Eviter huile de palme et de noix de coco notamment, les apports élevés en sodium et limiter les apports de cholestérol, le café bouilli non filtré  

Que sait-on du cancer aujourd’hui ?
Cette maladie chronique constitue actuellement un problème majeur de santé publique. Son incidence est en augmentation. Cela est expliqué en partie par l’essor démographique (50% de l’augmentation), le vieillissement de la population et l’amélioration du dépistage de certains cancers. C’est une maladie multifactorielle, de nombreux facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux peuvent concourir à son développement. Près de 85% des facteurs de risque de cancer chez le non fumeur sont inconnus. La majorité des cancers (80 à 90%) sont probablement d’origine environnementale, c’est-à-dire dont la cause n’est pas génétique (tabac, alimentation, expositions professionnelles etc…). Parmi les facteurs environnementaux, l’alimentation joue un rôle essentiel et fait partie des facteurs sur lesquels il est possible d’agir pour accroitre la prévention primaire. On estime que les facteurs alimentaires sont responsables d’environ 30% des cancers dans les pays industrialisés.

Quels sont les facteurs de risque connus des cancers ?
1/ Les boissons alcoolisées. Le risque augmente à partir d’une consommation moyenne de 1 verre standard/jour soit 10 g d’éthanol pur, quelle que soit la boisson consommée c’est à dire vin, bière, spiritueux et il augmente avec la dose. Il faut donc limiter la consommation de boissons alcoolisées
2/ Le surpoids et l’obésité. Le risque est minime lorsque l’Indice de Masse Corporelle (IMC) (= poids/taille2) est maintenu entre 18.5 et 25 kg/m2.
3/ Les viandes rouges et charcuteries (augmentent le risque de cancer colorectal). Il faut limiter la consommation à moins de 500 g / semaine et alterner avec des viandes blanches, du poisson, des œufs et légumineuses.
4/ La consommation de sel et d’aliments salés augmente probablement le risque de cancer de l’estomac. Il faut limiter la consommation d’aliments transformés salés (charcuteries, fromages).
5/ Autre facteurs : Aflatoxine, poisson salé et fermenté à la chinoise, boissons et aliments consommés très chauds. Ne pas consommer de complément alimentaire à base de bêta-carotène. Certains modes de cuisson à haute température (friture, grillade, barbecue) sont suspectés, mais il n’y a pas de certitude encore à ce sujet.

Quelles sont les bonnes dispositions pour prévenir le cancer ?
1/ Il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière. La dépense d’énergie au cours de l’exercice physique est un élément important de l’équilibre énergétique qui détermine le poids du corps. Elle diminue le risque de plusieurs cancers (colon, sein, endomètre). Il faut limiter les activités sédentaires (ordinateur, télévision). Chez l’adulte, il est conseillé de pratiquer au moins 5 jours/semaine au moins 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée comparable à la marche rapide ou pratiquer 3 jours par semaine 20 minutes d’activité physique d’intensité élevée comparable au jogging. Ces recommandations ne s’appliquent pas aux personnes dont les activités exigent d’importants efforts physiques (agriculteurs, tâches ménagères exécutées sans l’aide de machine …).
2/ Il faut manger des fruits et des légumes (hors féculents : pommes de terre, légumes secs). Il est conseillé de consommer au moins 400 g / jour (5 fruits et légumes au moins). Consommés à la place d’aliments très énergétiques (très gras ou très sucrés) ils participent au déclenchement de la satiété et contribuent à limiter les apports énergétiques. Les fruits et légumes consommés en tant que tels (différent des compléments alimentaires) permettent de tirer bénéfice des synergies entre les composants qu’ils apportent (antioxydants naturels, vitamines, minéraux, polyphénols, acide salicylique…). Par exemple l’étude des relations dose-effet antioxydant réalisée avec différents fruits (pomme, orange, raisin, myrtille) montre que le mélange de fruit est bien plus efficace que chaque fruit consommé séparément. Cette consommation de fruits et légumes contribue probablement à diminuer le risque de prise de poids, de surpoids et d’obésité eux-mêmes facteurs de risque de plusieurs cancers.
3/ Il faut promouvoir l’allaitement qui diminue le risque de cancer du sein chez la mère. L’allaitement contribue probablement à diminuer chez les enfants allaités le risque de surpoids et d’obésité, eux-mêmes facteurs de risque de plusieurs cancers.

NB : s’engager dans la durée, corriger les excès et les insuffisances, ne pas en faire trop, se faire plaisir

Jean Philippe DALES

Sources :

1/ Institut National du Cancer 

2/ Inserm

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