Venelles, une « ville à la campagne » pour le XXIème siècle ?

Venelles, une « ville à la campagne » pour le XXIème siècle ? par P. Michaille, CIQ de Venelles

Même si les chroniques font état de Velena depuis le XIème siècle, ce n’est que depuis la fin des années 1960 que Venelles est devenu une ville, passant de quelques centaines à quelques milliers de Venellois, dans un développement autour de plusieurs pôles : les Logis, le village historique, au niveau du col entre Aix et la vallée de la Durance ; les Logissons au sud ; le vallon des Faurys et la Bosque à l’Ouest ; la zone d’activité s’étalant entre ces 3 quartiers d’habitation, à partir de la halte ferroviaire fermée depuis plus de 30 ans.

Quelle vie, dans quelle ville, voulons-nous pour nous et nos enfants ?
Ce débat représente tout l’enjeu du PLU, qui sera voté par le Conseil municipal (CM) d’ici mai 2016. Mais qui a déjà fait l’objet d’un contrat avec le département et la métropole, voté en CM le 8 mars 2016.
Aujourd’hui, les prévisions de logements à créer sont les suivantes, les chiffres étant exprimés en (logements totaux / logements locatifs sociaux) :
– la limite que constitue l’autoroute ne sera pas franchie : l’Est de la commune restera agricole et forestier ;
– les extensions se feront principalement au Nord : Fontrompette (550/220), Figueirasses (110/44), Brianne (40/16) ; à l’Ouest : Faurys (70/28) ; au centre : Michelons et Tournesols (110/55) ; au sud : Bonnaud (45/18) et Verdon (à définir) ;
– quelques « dents creuses » sont prévues d’être résorbées ; au nord : impasse du stade (4/4), Chantegrillon (4/4) ; au centre : allée des Quatre tours (à définir); au sud : ateliers municipaux (à définir), avenue des Logissons (10/2).
Si le CIQ n’a pas à se prononcer sur les prévisions de logements ni les ratios de logements sociaux proposés pour rattraper le retard pris par la commune (40 % en général, sauf dans le centre : 50 %), le CIQ note l’inquiétude des habitants riverains des programmes d’urbanisation face à la perturbation qui sera provoquée dans leur environnement, notamment par le percement de voies, si elles sont dimensionnées pour une grande circulation : bruit, et pollution de l’air par le trafic. Ce sont principalement :
– les riverains du chemin de Fontcuberte et les habitants du hameau des Figueirasses, impactés par la « voie de bouclage » prévue dans l’opération « Figueirasses » – Fontrompette (voir schéma) ;
– les riverains du chemin des Faurys, qui risque d’être transformé en voie de liaison nord-sud entre la route de Couteron et l’allée du Jas de Violaine.

Les déplacements à Venelles : la voiture, ou l’homme ?
Venelles peut se prévaloir de posséder encore en son centre des chemins de promenade (par ex : le chemin du Bosquet). Si ces chemins sont transformés en voies à grande circulation, le phénomène sera irréversible : on ne créera pas à l’avenir des chemins artificiels à travers des propriétés devenues privées. Il est donc important de bien réfléchir, avant de détruire notre patrimoine de sérénité, à l’utilisation qu’on veut faire de ces chemins, c’est-à-dire comment on veut vivre et se déplacer à l’avenir, dans 20 ou 30 ans : dans une cabine d’auto, étanche à la pollution, ou bien en plein air, dans un air sain, avec ses pieds pour marcher et ses jambes pour pédaler en toute sécurité ?
Le modèle technocratique qu’on nous propose aujourd’hui est celui de la route de Saint Canadet : voie double pour les voitures et les camions, élargie par des bandes cyclables, et en ville par des trottoirs pour piétons. En élargissant l’impression visuelle de la chaussée, ce modèle pousse l’automobiliste à la vitesse, sans égard pour la sécurité des cyclistes. Un modèle coûteux, irréversible dans sa destruction de l’environnement, et surtout inutile : en obligeant cyclistes et piétons à respirer la pollution de la route dans le bruit des véhicules, on les chasse, car où est le plaisir de cheminer ? Et en ville, les trottoirs représentent un danger de chute pour les malvoyants, et un obstacle pour les handicapés en fauteuil roulant. Pas étonnant, dans ces conditions, que les Venellois(es) continuent de prendre leur voiture !

Des solutions sont possibles
D’autres solutions existent déjà dans Venelles : voie à double sens unique, préservant un terre-plein arboré, ce qui incite les véhicules à rouler plus lentement (portion de l’avenue de la Grande Bégude et de l’avenue du Jas de Violaine). L’avenue de la Présidente, qui permet une liaison avec Puyricard, fonctionne très bien avec pratiquement une seule voie de circulation, ce qui oblige les véhicules à ralentir pour se croiser : cela se fait la plupart du temps avec courtoisie et dans la bonne humeur, tant ce parcours est resté bucolique ! De fait, pour ralentir les chauffards, un rétrécissement de la chaussée est aussi efficace que les sautoirs qui cassent le dos des passagers et les amortisseurs du véhicule ; dans beaucoup de villes, les rues sont munies de rétrécissements, généralement des bacs à fleurs et à arbustes.

En conséquence, pour l’aménagement des Faurys, le CIQ préconise de préserver le chemin actuel ( voir photos), et de le couper par une borne en son milieu à la circulation automobile, de façon à éviter d’attirer les véhicules en transit, en gardant le passage pour les piétons et vélos, et bien sûr les véhicules de sécurité (pompiers, police), comme cela a été fait chemin du Bosquet.

Quant à la circulation automobile, il suffira d’équiper l’autoroute d’une entrée-sortie au niveau des Logissons, ainsi qu’au nord de la Brianne pour desservir le quartier de Fontrompette, pour en faire une voie de contournement de Venelles, utile pour les Venellois, et de limiter la vitesse (110, voire 90 km/h) pour ne pas augmenter les nuisances sonores.

Soutenez une politique de développement de Venelles respectueuse des habitants et de leur environnement en adhérant au CIQ ! (imprimer le bulletin d’adhésion)

2 comments to Venelles, une « ville à la campagne » pour le XXIème siècle ?

  • Olivier ROBERT

    Le chemin des Faurys est un lieu où l’on croise les familles, a vélo et plus souvent à pieds, les joggeurs du dimanche. C’est une zone verte, utilisée par les venellois en tant que telle, et offrant effectivement une vue sur la sainte victoire et venelles-le-haut. La crête doit, me semble t il devoir être préservée à la fois pour son boisement, les perspectives offertes sur le paysage venellois et aixois, et aussi en raison des mouvements de terrains possible compte tenu des constructions en contrebas.
    D’ailleurs, lors de l’enquête publique, de nombreux venellois ont exprimé la nécessité de maintenir le chemin des Faurys et son environnement.
    Ce paysage et ce chemin sont une véritable chance, qu’il faut préserver. C’est un cheminement vert. Le commissaire enquêteur l’a, me semble-t-il, relevé comme tel. Ce serait un véritable gâchis de faire une voie de circulation importante, de déboiser la crête et de masquer le paysage en urbanisant. Or la photo qui montre la construction d’un premier bâtiment sur la crête soulève de nombreuses questions…..

  • PIERRE MORBELLI

    Venelles agricole j’en doute plus assez de pros, Venelles viticole ou vinicole oui à condition de se battre au quotidien…la zone commerciale et la proximité Aixoise sont cannibales et la Métropole va accentuer ce phénomène du nord d’Aix.
    La gare et son parking est la priorité!

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